BIOGRAPHIE

A 43 ans, Guillaume Peltier n’est pas un homme politique comme les autres.

Actuellement vice-président délégué des Républicains, député de Loir-et-Cher, mais aussi conseiller régional et président du groupe d’opposition au Conseil régional du Centre-Val de Loire, Guillaume Peltier porte les valeurs d’une droite nouvelle et populaire : la droite du patriotisme durable, forte sur les questions régaliennes, et juste sur les questions économiques et sociales.

Enfance & Convictions

Fils d’un père commis de chantier et d’une mère laborantine, élevé dans un logement social de la porte de Vanves à Paris, son enfance est très tôt marquée par les difficultés et les injustices que rencontrent ses parents, “milieux de cordée et premiers de corvée” qui se lèvent tôt, qui ne sont ni privilégiés ni assistés, et pourtant toujours oubliés. Il retient également la montée de l’insécurité, les premiers ravages du communautarisme, le sentiment de dépossession culturelle, alors que la classe politique de l’époque détourne le regard.

Guillaume Peltier sait d’où il vient, et son histoire est au coeur de sa soif d’idéal et d’action : récompenser la France du travail, réhabiliter la méritocratie républicaine et réparer l’ascenseur social, assurer à chacun l’égalité des chances, mais aussi rétablir la laïcité et l’ordre juste sur l’ensemble du territoire national.

Récompenser la France du travail, réhabiliter la méritocratie républicaine et réparer l’ascenseur social, assurer à chacun l’égalité des chances, mais aussi rétablir la laïcité et l’ordre juste sur l’ensemble du territoire national.

Ni libéral, ni socialiste, Guillaume Peltier se définit avant tout comme gaulliste et travailliste car “le travaillisme c’est être de droite, c’est défendre la France du travail et remettre la France au travail”.

A 15 ans, une étincelle embrase sa conscience civique précoce, quand la voix rauque de Philippe Séguin résonne du poste de radio familial, un matin de mai 1992. Un discours d’une rare prescience, un appel vibrant à la souveraineté du peuple contre l’oligarchie des élites, une ode à l’Europe des Nations libres contre celle de la Commission de Bruxelles, un plaidoyer contre la course folle à la mondialisation et l’abolition des frontières, contre les dogmes du profit et de la rentabilité.

Enfin, la jeunesse de Guillaume Peltier sera aussi marquée par la figure de son grand-père maternel, qui vivait à Ligny-le-Ribault en Sologne, les longues séances de pêche au bord de son étang et les interminables promenades en forêt à ses côtés. De ces souvenirs naîtront un amour mêlé pour la Sologne et la nature, pour la beauté et l’harmonie des paysages de nos provinces ; c’est là que va se forger sa volonté d’être le porte-parole de la France des provinces, d’imaginer une écologie populaire et enracinée pour répondre aux défis de demain.

Etudes & vie professionnelle

Sa passion pour l’Histoire et les lettres, “trésor culturel” hérité de son autre grand-père, petit libraire à la Sorbonne, l’oriente vers des études préparatoires en Hypokhâgne, puis en Khâgne, avant de décrocher une maîtrise. Il deviendra alors professeur certifié d’histoire-géographie, enseignant à l’école publique en lycée comme en collège, avec une passion intacte tout au long de ses deux années d’exercice. « Quel plus beau métier que de transmettre le flambeau de la mémoire et de l’Histoire de France aux jeunes générations ? » Quelques temps après, et pendant huit années, il est chef d’entreprise et découvre alors les difficultés et les joies des entrepreneurs.

Parcours Politique

Son idéal de justice le pousse jeune à s’engager en politique, qui est “‘l’art de rendre possible ce qui est nécessaire”, le seul levier pour espérer peser sur le cours des évènements et changer la vie de ses compatriotes.

Guillaume Peltier n’a pas un parcours lisse et conformiste. Jeune, il a parfois cru à des mirages et en a retenu que les extrêmes se nourrissent des problèmes des Français sans jamais chercher à les résoudre.
Il n’a pas hérité d’un fief électoral ou d’un réseau familial ; il n’est pas entré en politique par la grande porte de la haute fonction publique et des cabinets ministériels, mais par la petite porte du militantisme, du terrain et du suffrage universel.

Il n’a pas hérité d’un fief électoral ou d’un réseau familial ; il n’est pas entré en politique par la grande porte de la haute fonction publique et des cabinets ministériels, mais par la petite porte du militantisme, du terrain et du suffrage universel.

Quinze années d’engagement et de combats électoraux, à croiser le fer pour convaincre le plus grand nombre : de la campagne municipale en mai 2000 à Epernay, sur la liste divers droite de Franck Leroy, à l’élection comme député de Loir-et-Cher en 2017 ; de la victoire du “Non” au référendum sur la Constitution européenne en 2005 aux cotés de Philippe de Villiers, à la campagne présidentielle de 2012 comme porte-parole de Nicolas Sarkozy.

Père de quatre enfants, Guillaume Peltier, connaît un parcours jalonné de désillusions et de succès, à l’image de la vie, qui lui vaudra d’embrasser tour à tour de nombreuses fonctions et responsabilités : fonctionnaire, chef d’entreprise d’une PME, maire de Neung-sur-Beuvron, Président de la communauté de communes de la Sologne-des-Etangs ; avant d’être désormais député de Loir-et-Cher et conseiller régional à la Région Centre-Val de Loire.

Ces multiples expériences lui vaudront des réalisations concrètes : la construction d’un pôle de santé et la venue de médecins dans la commune de Neung-sur-Beuvron, l’organisation annuelle du Forum des Entreprises de Sologne, et désormais celui de la Vallée du Cher, le vote d’un amendement historique de la Région pour limiter l’engrillagement en Sologne, l’évènement des “500 ans de la Renaissance en Centre-Val de Loire”, un moratoire du Gouvernement contre la fermeture des salles de classe … Chaque année, il reçoit près de 1000 Loir-et-Chériens dans sa permanence parlementaire de Romorantin pour aider les plus fragiles, comme les porteurs de projets. Il est également, à ce jour, le député qui a déposé le plus de propositions de loi à l’Assemblée nationale.

En savoir-plus

« La droite française doit devenir la droite juste et adopter une nouvelle devise, un nouveau triptyque : la justice, l’ordre et l’unité. Nous devons devenir le parti de la justice et des travailleurs face aux multiples inégalités des profiteurs et des fraudeurs, celui de ceux qui prennent des risques et font des efforts; nous devons devenir aussi le parti de l’ordre face à tous les laxismes et anarchies afin de protéger les plus vulnérables de la société ; il faut enfin devenir le parti de l’unité et de la réconciliation face au poison de la division, des extrêmes et des vaines querelles qui abîment la force de notre peuple.


Le parti de la justice, c’est celui du travail et du mérite

Je plaide pour une droite du travail, de la valeur travail, de la récompense du travail. Nous devons récuser le vieux magistère de l’économisme et de la droite gestionnaire et comptable, incarner une nouvelle voie économique qui n’est ni le capitalisme financier ni le socialisme suranné. Condamnons l’argent roi et la logique du profit facile. Face aux rentiers et aux assistés, soyons le grand parti des classes moyennes, des entrepreneurs et des travailleurs.

Le parti de l’ordre, c’est celui de la laïcité et de la loi

Je plaide pour une droite forte et intransigeante sur l’ordre républicain et l’autorité. Notre pays se mourant des lâchetés infinies, à nous de recréer le grand parti de l’ordre qui protège nos compatriotes des immenses dangers du communautarisme, des insécurités, des délinquances et du terrorisme, comme des violences et anarchies entretenues par les extrêmes. Les Français ont été frappés par le laxisme gouvernemental, mais aussi par l’incapacité des partis extrêmes à condamner les violences en marge des manifestations des « gilets jaunes », et ils ont raison. À nous de rappeler qu’aucune violence n’est légitime comme de dénoncer les lâchetés de l’État face aux communautarismes et aux délinquances
qui conduisent à dissoudre notre contrat social.

Le parti de l’unité, c’est celui de la réconciliation nationale et sociétale

Je plaide enfin pour une droite moderne : nous ne devons plus être des ferments de division de la société française. Sans céder à la religion du progrès, tournons la page du seul conservatisme étriqué : bien sûr que nous voulons conserver ce qui mérite de l’être, mais sans jamais oublier que la ligne directrice à proposer doit affirmer clairement notre refus du passéisme et de l’immobilisme. Unissons nos compatriotes en anticipant l’avenir commun de notre peuple, en façonnant l’unité nationale qui repose sur l’unité sociétale. Une société enfin apaisée, car portant une vision claire et assurant la liberté de conscience sur les sujets éthiques. Je vois au moins six défis sociétaux majeurs que nous devons relever pour rassembler les Français dans l’unité réconciliatrice. »

Citation de « Milieu de cordée » (Plon)

Un peu des deux. Je ne suis pas un conservateur strict et péremptoire. Je ne suis pas non plus un progressiste naïf et béat. Comme Benjamin Disraeli, je rêve de «conserver ce qui vaut et de réformer ce qu’il faut». Je n’aime pas l’immobilisme, le passéisme, la froide certitude qu’en toutes circonstances « c’était mieux avant ». Et pas davantage la politique de la table rase et ceux qui, oubliant qui nous sommes, chantent, comme la cigale, que forcément « ce sera mieux après ».

J’aime notre passé, notre histoire, nos racines. Je n’ai pas peur de dire que la France est une nation à l’histoire chrétienne. On l’a vu, je ne suis pas de ceux qui pensent que tout s’est achevé en 1789 ou que tout a commencé en 1789. Nous sommes les héritiers d’un passé glorieux, d’une France tout à la fois monarchique et républicaine, d’heures sombres, et je prends tout de notre passé, de notre gloire comme de nos ombres. Je récuse le moralisme, le puritanisme et le communautarisme qui enferment les minorités dans un autre monde que celui où nous vivons. Pour autant, nous devons promouvoir des modèles, des convictions, des repères communs. Au fond, nous devons choisir d’être des conservateurs de la fierté et pas des conservateurs de la prétention et du moralisme. Ce qui est très différent: la fierté élève, la prétention isole ; la fierté fédère, la prétention divise.

Nous sommes attachés à notre passé commun parce que nous sommes les maillons d’une chaîne plurimillénaire qui veulent faire fructifier cet héritage afin que les enfants vivent mieux que leurs parents. Nous n’aimons le passé que parce qu’il procure du sens à ce que nous sommes et parce qu’il donne envie de grandir, de nous ouvrir à l’universel et à l’altérité. « C’est nous qui sommes les vrais héritiers de nos aïeux. Nous en avons pris la flamme. Vous n’en avez gardé que les cendres. » J’aime cette définition du conservatisme : un conservatisme vivant, et non pas mortifère et immobile. Le conservatisme strict et prétentieux mène aux nationalismes. Le progressisme effréné et obsessionnel conduit aux mondialismes. L’esprit réactionnaire amène à l’esprit révolutionnaire ; et ce dernier se nourrit des réactions étriquées. Entre le conservatisme du drapeau blanc et le progressisme révolutionnaire du drapeau rouge, je préfère le drapeau tricolore, que je veux faire aimer par le plus grand nombre.

Je veux pouvoir promouvoir l’idéal classique de la famille, sans juger ni condamner ceux qui ne s’y retrouvent pas ou plus. Je veux porter notre identité nationale sans mépriser nos identités provinciales. Je veux défendre la juste fermeté et les sévères châtiments à l’endroit des coupables les plus acharnés, sans oublier de me réjouir de l’abolition de la peine de mort, qui fut incontestablement un progrès. Je veux que notre Histoire glorieuse et notre culture prestigieuse soient enseignées dans les écoles, sans oublier nos parts d’ombre ni la fragilité, quoique universelle, de notre grandeur ni la nécessité de comprendre celle des autres. Je veux que la France s’unisse de nouveau autour des valeurs universelles du mérite, du patriotisme et de l’effort, en cessant les vaines querelles sur les origines des uns et des autres : le communautarisme, la dilution de l’unité sont un immense danger auquel conduisent le conservatisme et le progressisme quand ils sont abrupts. Le premier en s’arc-boutant sur nos racines comme si le certificat de baptême ou la couleur de peau valaient quitus. Le second, en faisant table rase de ce que nous sommes et en nous conduisant au vide, au néant, au liquide, force chacun à se recroqueviller sur lui-même.

Nous devons célébrer de nouveau la fierté d’avoir des racines communes et le désir de déployer nos ailes à l’universel. C’est dans cette double célébration que nous trouverons un chemin de fierté et d’espérance. C’est dans le patriotisme universel que nous fonderons de nouveau l’unité de notre nation et de notre peuple. Comme un équilibre. Parce que nous serons fiers de ce que nous sommes, nous serons capables de nous ouvrir à l’universel. […]

Nous progresserons en conservant, nous conserverons en progressant : tel est le message que la droite de demain doit porter devant les Français, celui du patriotisme universel. Nous devons être fiers de notre amour de la France et ne jamais faiblir à le transmettre.

Citation de « Milieu de cordée » (Plon)

Libéral ou socialiste ? Ni l’un ni l’autre. Certes, je défends passionnément l’aspiration à la liberté et à la justice, mais le libéralisme comme le socialisme ont failli. Le premier en se laissant enfermer dans le capitalisme financier, dans l’injuste échange, dans l’esprit comptable, dans l’argent facile, dans la rente sans effort, dans l’oubli des travailleurs, dans le seul horizon de la baisse froide et statistique des dépenses publiques. Le second en divisant les sociétés par une absurde lutte des classes, par le rejet des entrepreneurs, par la folie de l’assistanat, par la surenchère dépensière, par l’erreur funeste qu’il existe des droits sans devoir.
[…]

Nous devons sans cesse défendre et promouvoir une nouvelle voie économique: ni le capitalisme financier qui conduit à produire sans répartir ni le socialisme qui prétend répartir sans produire. J’aspire à une droite et à une France qui défendront les libertés économiques, soutenant l’entrepreneur, l’artisan, le commerçant, le patron qui prennent des risques, qui créent de l’emploi, baissant les charges et les impôts qui asphyxient et découragent les courageux. Mais j’aspire aussi à une droite et à une France qui défendront la justice sociale récompensant les travailleurs, augmentant les salaires, répartissant mieux les richesses.

C’est dans l’alliance des entrepreneurs et des travailleurs, dans la célébration équitable de l’union des classes, dans le soutien à la prise de risque et à la récompense de l’effort que nous retrouverons notre prospérité économique et sociale. Pas dans le soutien aux privilèges et aux rentes de quelques-uns ; ni dans la stupidité des politiques d’assistanat pour quelques autres. Le travail doit redevenir la valeur cardinale de la société française. L’effort n’est accepté par tous que lorsqu’il est récompensé et valorisé.

Napoléon III le disait dans un autre contexte, certes, mais en rappelant la nécessité d’un équilibre économique et social : «La pauvreté ne sera plus séditieuse lorsque l’opulence ne sera plus oppressive.» Nous devons devenir la droite de la production de richesses et de la redistribution sociale, rejeter les pratiques du capitalisme financier comme du socialisme bureaucratique, en somme revenir aux fondamentaux du gaullisme et ne plus oublier que, si le capital est nécessaire, le travail est essentiel et vital.

[…]

La France est à contretemps. Notre responsabilité est donc immense: nous devons rejeter le capitalisme financier intempérant comme la réglementation excessive. La France n’est pas seulement éprise de liberté, elle attend surtout de la justice. Ne nous y trompons pas, comme certains de mes amis politiques : c’est davantage de fierté, de justice et de protection que de libertés que les Français veulent.

Citation de « Milieu de cordée » (Plon)

Sur l’écologie, pouvons-nous rester le mouvement des « OGM et du gaz de schiste », comme le proclamait Luc Chatel en 2016 ? Non. Notre philosophie politique est même aux antipodes: nous ne croyons pas que la Terre nous fut confiée pour subir la mainmise absolue et sans contrainte de l’homme, ni comme un gisement de ressources à exploiter sans fin. Je rejette, par exemple, la vision prométhéenne qui ferait croire que l’homme serait dieu par l’absolutisme du progrès, par la modification génétique du vivant, par le sabordage de nos ressources naturelles, par le transhumanisme qui ferait de l’homme-machine le nouveau brevet des savants fous, par le productivisme industriel comme par la marchandisation du vivant. Nous ne sommes pas les propriétaires de la nature : elle nous a été confiée en héritage. Donc ni des conservateurs obtus ni des progressistes effrénés.

Je crois au juste milieu, au sens grec du terme mésos: la saine recherche de l’équilibre et d’une nouvelle voie de réconciliation en toutes circonstances. Oui, nous devons refuser la fuite en avant de ceux qui se croient tout permis, tout autorisé, à l’infini. La toute-puissance de la technique et du marché, très peu pour moi. La recherche et l’innovation, oui. Mais une innovation qui respecte le devoir de l’homme à protéger la Terre qui le nourrit et la nature qui l’environne. Nous devons donc être le parti de l’écologie enracinée et respectueuse, celui de l’écologie qui ne punit ni ne culpabilise les citoyens, celui d’une écologie responsable qui s’attaque aux causes du dérèglement climatique et non à ses conséquences.

La droite de demain doit devenir le grand parti de l’écologie pragmatique au nom des générations futures et de notre amour du patrimoine vivant et naturel. Nous devons dire avec force que la défense de notre planète comme de notre Terre n’est pas compatible avec l’individualisme consumériste, le capitalisme financier et le nomadisme sans frontières. La spéculation, le déracinement, la mondialisation constituent les causes premières des dérèglements écologiques: nous devons protéger la nature reçue en héritage et sauvegarder notre maison commune. Non plus par de belles paroles et des postures idéologiques qui culpabilisent les citoyens mais par des mesures concrètes et audacieuses qui placent devant leurs responsabilités les grands pollueurs. Le temps est venu pour la droite de redevenir le parti de l’écologie en action. N’oublions pas que Georges Pompidou créa le premier ministère de l’Environnement en 1971, que la « Charte de l’environnement » date de 2004 avec Jacques Chirac ou encore que le Grenelle de l’environnement fut à l’initiative de Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo. Taxer les vrais pollueurs, soutenir la finance verte, promouvoir l’agroécologie comme l’esprit coopératif agricole, développer partout les circuits courts, soutenir l’éducation à l’environnement, imaginer les énergies de demain et de nouvelles productions locales urbaines, préserver les terres agricoles dans nos campagnes, c’est indispensable. Le productivisme fou n’a aucun sens. Nous devons rappeler que l’écologie est compatible avec l’économie, avec l’innovation, avec nos agriculteurs mais aussi dire, avec ténacité, qu’elle ne l’est pas avec un monde sans règles dans lequel le marché serait roi et le seul profit, l’horizon indépassable.

Entre les négateurs de l’urgence écologique et les prophètes de l’écologie punitive et fiscale, nous devons faire le choix de l’écologie positive et sociale: récompenser les comportements vertueux plutôt que taxer les citoyens ; punir les vrais pollueurs plutôt que culpabiliser les Français.

Dans la France entière, des modèles innovants voient le jour : en 2018, 5 000 exploitations agricoles ont abandonné engrais de synthèse et produits phytosanitaires chimiques1. Partout, des fermes paysannes inventent une agriculture nouvelle qui guérit les sols pour préserver notre avenir. Ces pionniers démontrent que nous devons et pouvons réconcilier agriculture et écologie. Le documentaire Demain, réalisé en 2015 par Mélanie Laurent et Cyril Dion, se fit le porte-parole optimiste de ces réussites, telle la permaculture des Normands Perrine et Charles Hervé-Gruyer de La Ferme du Bec-Hellouin dans le département de l’Eure. Nous devons aider les agriculteurs à développer sur leurs exploitations de nouvelles pratiques : notre mission politique est de mieux rémunérer la véritable agriculture raisonnée et raisonnable. Cessons d’opposer. Réconcilions l’écologie, l’agriculture et l’économie. Loin des leçons de morale et des technocrates déconnectés.

Car combien de temps encore allons-nous accepter l’immense hypocrisie de l’écologie punitive pour les citoyens et de l’écologie laxiste pour les vrais pollueurs? Accepter d’être taxés et fiscalisés sans cesse, quand des États et des multinationales, qui ne respectent rien, sont, eux, exonérés et exemptés? Là est le grand défi écologique national et mondial.

Car ce ne sont pas les ouvriers de Sologne, les agriculteurs de Haute-Loire, les fonctionnaires du Vaucluse, les entrepreneurs d’Occitanie, les artisans de Corse et de Tourcoing qui polluent le plus la planète. Mais plutôt certains États et quelques multinationales. Qui ignore encore que la France ne représente qu’un seul pour cent des émissions de gaz à effet de serre, quand les États-Unis, la Chine et l’Inde en cumulaient 49 % en 2016 ? Qui ne connaît l’interminable affaire de Chevron-Texaco, multinationale pétrolière américaine qui pollua une grande partie de l’Amazonie équatorienne et qui, malgré les condamnations de la Cour suprême, n’a toujours pas payé les 9 milliards de dollars d’amendes légitimement réclamés par tout un peuple2 ? Or, comme ailleurs, les Français ne veulent plus être les dindons d’une farce de plus en plus grossière. «Dérèglement climatique», chantent les dirigeants français qui poursuivent : « Nous taxerons donc les classes moyennes, le diesel, les carburants, les agriculteurs, les ruraux, les propriétaires, les jeunes sans vélo, les anciens en voiture. » Carabistouille immense, en vérité : la juste cause écologique est devenue le nouveau prétexte à l’obsession fiscale des gouvernants. Nous retrouvons la même stratégie sur la question du glyphosate : haro sur les agriculteurs sans que personne trouve rien à redire au manque de crédits alloués à la recherche d’alternative, ni à la signature de traités inter- nationaux favorisant l’importation en Europe de produits agricoles traités au même glyphosate, ce qui revient, soyons clairs, à interdire en France pour nos agriculteurs ce qu’on encourage pour ceux du Canada ou du Mexique.

Une telle hypocrisie doit cesser. À nous d’oser créer un «Tribunal climatique international» capable de juger les États comme les multinationales qui ne respectent pas les accords internationaux, sur le modèle du Tribunal pénal de La Haye. À nous d’imaginer une barrière écologique européenne pour récuser les excès du libre-échange – si incompatibles avec le défi écologique – et lui substituer enfin le juste échange. À nous de proposer de diviser par deux la TVA – de 10 à 5,5% – sur les billets des transports collectifs propres comme le train afin de soutenir les déplacements moins polluants et le pouvoir d’achat des Français. À nous de rendre gratuite la carte grise pour les véhicules propres. À nous d’imaginer une contribution exceptionnelle de 1 milliard d’euros des sociétés d’autoroutes pour financer la transition écologique des provinces et l’achat de véhicules propres pour les ruraux. À nous de mettre en place la TVA à 0% pour toute vente directe entre le producteur et le consommateur afin de favoriser radicalement les circuits courts, comme je l’ai détaillé plus haut.

Notre droite doit se faire le porte-drapeau de la nouvelle écologie, une « écologie du courage et de l’action1 », comme le dit Maud Fontenoy, l’ambassadrice des océans de l’Unesco. Autour de ces six idées concrètes, nous pouvons devenir le parti de l’écologie juste, de la nouvelle écologie.

Citation de « Milieu de cordée » (Plon)

Sur le handicap et la dépendance, pouvons-nous rester le parti du «on verra plus tard»? Non. Les urgences sont immenses. Je l’ai écrit plus haut : concernant la dépendance, la seule solution durable consiste à dire la vérité à nos com- patriotes et à initier un contrat social «gagnant-gagnant» avec une assurance obligatoire de 25 euros chaque mois à compter de 30 ans et la certitude contractualisée par l’État de régler cet immense défi civilisationnel.

La droite, sur le handicap, a porté de nobles combats ces dernières années, depuis la loi Veil de 1975, qui fut la première à mettre en place une politique sociale du sujet, jusqu’à celle de 2005 sur la scolarisation et l’employabilité des personnes handicapées. Toutefois, l’état d’urgence demeure : 12 millions de Français sont en situation de handicap, parmi lesquels 80 % ont un handicap invisible, 1,5 million sont atteints d’une déficience visuelle et 850 000 ont une mobilité réduite. Quatre-vingt-cinq pour cent le deviennent après quinze ans. J’en appelle donc à une politique exemplaire, car c’est ici que réside l’attente immense d’une juste solidarité. Être solidaire de ceux qui sont éprouvés par la vie. La solidarité nationale doit être absolue en la matière, et l’allocation portée à 1 000 euros net mensuels minimum pour la personne handicapée, sans pondération liée aux revenus du foyer, la scolarisation un droit garanti partout et pour tous, le soutien financier et fiscal aux aidants familiaux totalement reconnu.

Je suis profondément marqué, dans ma circonscription, par les innombrables témoignages des familles courageuses qui font face à des accidents de la vie, mais n’en peuvent plus des méandres de l’Administration. Comme les semaines de combat lunaire endurées par une famille loir-et-chérienne. Thomas, le fils, a 15 ans. Handicapé à 80%, Thomas est autiste aussi. Ses parents ont choisi de lui faire prendre le bus scolaire pour aller à l’école, alors même que leurs droits per- mettent une prise en charge en taxi à l’année. En avril 2019, Thomas doit être opéré et se trouve en fauteuil roulant, ce qui l’empêche de monter dans le bus durant un mois et demi. La maman appelle alors les services concernés afin d’obtenir, pour ces six semaines, ce à quoi elle a droit toute l’année. Mais chaque administration se renvoie la balle et elle finit, épuisée, par nous contacter. Pendant près d’un mois, mon équipe et moi sommes allés d’interlocuteur en interlocuteur : la MDPH1, l’ARS, les services départementaux, l’IME2, la CPAM, l’assistante sociale, etc. Dix interlocuteurs, et per- sonne qui ne se décidait à trouver la solution. Quel scandale. Nous avons obtenu gain de cause, mais pour cette famille accompagnée par nos soins, combien de familles en détresse, épuisées ?

Je propose donc la nomination d’un «conseiller spécial personnalisé» attribué à chaque famille en situation de handicap, dont la mission sera de prendre en charge, coordonner et résoudre toutes les problématiques liées aux administrations. La France ne peut accepter une double peine pour ces personnes déjà éprouvées: elles sont capables de trouver la force de s’occuper de l’un des leurs, à la condition que l’État évite ou prenne en charge les tracasseries et les lenteurs administratives.

Ce sera l’honneur de la droite et l’honneur de la France que de voir le handicap enfin reconnu comme une cause nationale prioritaire, avec des mesures concrètes et immédiates à la clé. Cette mesure d’attribution d’un conseiller personnalisé constituera une révolution du quotidien, elle qui est la première demande formulée par les familles que j’accompagne dans ma circonscription : consacrer 100 % de leur énergie à leur enfant, leur femme, leur mari, un parent plutôt que de s’épuiser, de guichet en guichet, de numéro vert en numéro vert, à quémander une place, une aide, une information, une réponse.

Citation de « Milieu de cordée » (Plon)

Pourrons-nous continuer d’accepter la toute-puissance de la haute fonction publique et à ne pas ériger en vertu l’égalité des territoires ? En ce domaine aussi, il faut choisir une révolution radicale: depuis trop longtemps, les hauts fonctionnaires dirigent la France. Si bien que le pouvoir n’a plus le pouvoir et les gouvernants se contentent d’être des gestionnaires soumis au bon vouloir de technocrates et de bureaucrates. Cela doit cesser : je plaide pour un spoil system à la française et une réforme institutionnelle.

Outre la suppression de l’Ena, symboliquement nécessaire pour illustrer la fin de la technocratie absolue, inspirons-nous sur ce sujet du modèle américain. Dans mon idée, entre l’élection et la prise de fonctions, le président de la République disposerait d’un mois pour convoquer tous les directeurs d’administrations, les hauts fonctionnaires de Bercy et révoquer ceux qui ne signeront pas l’engagement d’appliquer la politique pour laquelle le peuple souverain l’aura élu. Car seuls les élus ont la légitimité du suffrage universel, alors que les hauts fonctionnaires sont les exécutants de l’exécutif. De la même manière, aucun de ces derniers ne pourra recevoir une rémunération supérieure à celle du président de la République, à l’inverse de la situation actuelle qui voit mille de nos bureaucrates être davantage payés que le locataire de l’Élysée.

Par ailleurs, nous devrons nous adresser à tous les territoires. Je n’oublie pas qu’il existe aussi d’innombrables Parisiens qui se sentent abandonnés, comme me le répètent souvent Brigitte Kuster et Pierre Liscia, de la Porte de la Chapelle à la gare du Nord en passant par Stalingrad et la Porte de Clignancourt. Paris devra se réconcilier avec ses classes moyennes, ses milieux de cordée progressivement chassés de la capitale. Comme le dit si bien Rachida Dati: «J’ai vu trop de Parisiens quitter une ville que pourtant ils aimaient. Paris est devenue une ville qu’on quitte… » Je sais aussi combien Paris fait rêver le monde, briller la France à l’universel et constitue une capitale magnifique aux mille trésors culturels et patrimoniaux, aux atouts hors du commun, aux atours hors du temps qu’il nous faut préserver, sans cesse sublimer et auxquels il nous faut tenir comme à la prunelle de nos yeux.

Nous avons besoin de notre capitale, et il n’est pas question d’opposer les territoires entre eux. Hélas, nos villes de province comme nos campagnes sont oubliées. Elles devront bénéficier d’un acte audacieux de décentralisation. La droite de demain doit tourner le dos au centralisme jacobin et prôner l’unité forte de la République, tout comme l’autonomie reconnue des provinces françaises. La proximité constituant l’une des garanties d’un meilleur exercice de la démocratie, ce n’est pas en éloignant les centres de décision que l’on permet une meilleure prise en compte des aspirations populaires.

Je plaide donc pour une immense réforme territoriale. Aujourd’hui, il existe trop de strates, en plus de l’Europe et de l’État: 35498 communes, 1263 communautés de communes, plus de 350 pays, 100 départements et 13 régions. Cinq strates administratives qui coûtent cher et compliquent l’exercice de la démocratie. Demain, à l’horizon 2030, afin de garantir une stabilité attendue et de prendre le temps du débat, nous pouvons donc proposer aux Français une organisation en trois entités.

La commune d’abord, comme entité de proximité, garantie du lien social et de gestion de la vie quotidienne. Celles-ci pourraient fusionner sur la base du volontariat et de la liberté communale.

La province ensuite, comme entité de coopération et d’unité sur les aides sociales, le transport, le tourisme, par exemple. Les provinces rassembleraient les communautés de communes, les pays et les départements : dans ma région, par exemple, nous nous disons moins du Loir-et-Cher, du Loiret ou de l’Indre que de la Sologne, de l’Orléanais, du Gâtinais, du Berry ou de la Touraine. Ces nouvelles provinces, fondées sur les identités territoriales, seraient proposées et validées par des référendums locaux.

Enfin, les régions disposeraient des politiques autonomes sur l’apprentissage, l’économie, l’emploi, les grandes infrastructures et de nouvelles expérimentations. Elles pourraient voir leur nombre augmenter tant les actuelles sont déraisonnablement étendues.

Dès lors, nous pourrions réduire de plus de la moitié le nombre de strates: 30000 communes environ, près de 500 provinces et une petite vingtaine de régions. Une révolution territoriale de simplification et de proximité en remplaçant les quelques 1 700 communautés de communes, pays et départements par 500 nouvelles provinces !

Plus largement, je plaide pour un État fort avec l’affirmation, partout et pour tous, des valeurs de la République, de l’application de nos lois, du respect de notre hymne, de notre drapeau et de notre langue. Une fois que l’unité de la République rassemblera de nouveau les Français, rien ne nous empêchera d’expérimenter des droits supplémentaires pour les collectivités territoriales. Ainsi, l’enseignement de la langue française sur tout le territoire doit permettre, aussi, l’enseignement des langues provinciales. Le monde qui vient, c’est le retour des patriotismes et des identités – pourquoi refuser le développement de l’enseignement de la langue corse en Corse à partir du moment où la langue française y est aussi parfaitement enseignée ? La fierté des identités provinciales n’est pas contradictoire avec l’affirmation du fait national et de l’unité républicaine. Je me retrouve dans le juste combat mené par le solide président du Sénat, Gérard Larcher, qui défend «la France des ter- ritoires» comme nous l’avons fait, dès 2017, à l’Assemblée nationale avec Christian Jacob et Damien Abad. Il ne cesse de nous rappeler que « la reconquête passe par les territoires ».

Enfin, pourquoi ne pas imaginer une réconciliation des territoires par le lancement d’une «politique de grands travaux» pour nos provinces? Chaque région choisirait alors, par référendum populaire, son grand projet : finance- ment des infrastructures de transport, soutien généralisé au tourisme et à la sauvegarde du patrimoine culturel, création d’universités dans les territoires ruraux, aide à la transition écologique, édification de monuments à vocation universelle, spécialisation économique dans la recherche, la «sil- ver économie », l’intelligence artificielle, etc. Notre pays est illustre par sa richesse patrimoniale, et nous devons à nos anciens, du château de Versailles à la tour Eiffel, l’audace des grands bâtisseurs. Nicolas Sarkozy le disait le 3 mai 2019 sur Europe1: «Il n’y a jamais d’argent! Vous croyez que Louis XIV avait de l’argent pour le château de Versailles? C’est amorti depuis ? Ce n’est pas l’argent qui fait le projet, c’est le projet qui fait l’argent. » Nous devons retrouver une ambition française et redevenir un peuple de bâtisseurs, mais en donnant la priorité à nos provinces et à nos territoires. Un référendum régional pour choisir sa politique de grands travaux, à travers, par exemple, un « grand emprunt national des territoires» signifiera le retour du peuple, du progrès et de l’unité de nos provinces. Comme Stéphane Bern, je pense que le patrimoine est un exceptionnel levier social, économique et fédérateur.

Citation de « Milieu de cordée » (Plon)

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