9 et 11 novembre 2019 : le week-end de la mémoire pour se souvenir et grandir

« L’Histoire ne s’apprend pas par cœur, elle s’apprend avec le cœur » écrivait Ernest Lavisse dans son Histoire de France enseignée à des millions d’écoliers par les « hussards noirs » de la IIIème République.

Comment ne pas être ému, un siècle après les évènements, par tous ces Français de métropole et des colonies, qui se sont levés pour prendre les armes et défendre la République assaillie ?

Ces Français de toutes origines, de toutes conditions sociales et de toutes confessions ne formaient plus qu’un même peuple dans les tranchées de Verdun, uni face au déluge de feu et d’acier qui s’abattait sur eux, face à la maladie, à la saleté, à la faim, au froid, face à la mort qui semblait inéluctable.

Dans les pires épreuves, le paysan Solognot, l’artisan Breton et le tirailleur Sénégalais n’ont jamais autant formé la « République une et indivisible » gravée aujourd’hui dans notre Constitution.

Ce sens du devoir, du patriotisme et du sacrifice peut nous sembler parfois lointain à notre époque, où la cohésion nationale semble rongée à la fois par l’individualisme roi et par le communautarisme rampant.

A l’arrière, les femmes n’ont pas non plus ménagé leur peine dans cette guerre totale. La conquête de leur liberté et de leur émancipation a commencé, à travers leur dur labeur dans les usines et dans les champs, pour remplacer les hommes partis au front. Sans elles, notre pays n’aurait jamais pu poursuivre l’effort de guerre pendant de si longues années.

La France a payé un lourd tribut dans cette guerre fratricide avec nos voisins Allemands. Des millions de « Poilus » sont tombés au champ d’honneur, quand d’autres, les « gueules cassées », furent mutilées à jamais, témoignages vivants de l’horreur et de l’absurdité de la guerre. Villes et villages furent réduits en cendre, et certains de nos paysages en portent encore les stigmates. Dans nos petites patries, nos communes, trônent, comme le souffle de l’indispensable mémoire, nos monuments aux morts et les noms, si familiers, de ceux qui donnèrent leur vie pour que nous puissions vivre libres.

Pour chacun d’entre eux et pour notre mémoire, je me suis rendu aujourd’hui chez moi en Loir-et-Cher, à Lamotte-Beuvron et à Huisseau-sur-Cosson aux commémorations du 11 novembre.

La « Grande Guerre » devait être la « der des der » pour nos anciens, mais l’Histoire se montre parfois tragique.

Humiliée par les conditions drastiques du Traité de Versailles et poussée par Hitler, l’Allemagne envahit à nouveau la France à partir du 10 mai 1940. Face à la « blitzkrieg », notre armée, bien qu’admirable de courage et d’héroïsme, subit une déroute inédite dans notre Histoire.

S’ensuivent alors la panique, l’exode de la population sur les routes, les lâchetés et les trahisons politiques, l’effondrement de l’État.

Au milieu du chaos, alors que tout semblait perdu, un officier de nos armées refuse de se résigner à la défaite et décide de prendre le chemin de Londres. Le 18 juin 1940, ses mots s’envolent vers la France et entrent dans l’Histoire : « La flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».

Porté par un patriotisme ardent, le général de Gaulle arrache progressivement l’Empire colonial de la tutelle de Vichy et fédère les Résistants de tous bords politiques derrière la Croix de Lorraine.

La Patrie reprend espoir, les sabotages se multiplient, la Résistance voit ses rangs se grossir, la jeunesse refuse d’obéir et rejoint le maquis plutôt que de servir de main d’œuvre aux Allemands. Harcelés de toutes parts, les nazis vont se livrer aux pires exactions, comme à Oradour-sur-Glane, mais seront impuissants face à la vague de la Liberté qui déferlera des plages de Normandie et de Provence.

Infatigable avocat de la grandeur de la France, qui n’est « réellement elle-même qu’au premier rang », le général de Gaulle va à nouveau faire de notre pays une grande puissance dans le concert des Nations, une 3ème voie entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique dans la Guerre froide.

Grâce à lui, notre pays retrouve des institutions stables face au « régime des partis », avec la Constitution de la Vème République. La France obtient un siège permanent et un droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU, et se dote de l’arme nucléaire comme outil de dissuasion. Notre Nation se réconcilie durablement avec l’Allemagne, et pose avec elle les fondations de la construction européenne.

Le 1er Président de la Vème République incarnait aussi une certaine idée de l’Homme, « la seule bataille qui vaille ». Les Françaises obtiennent enfin le droit de vote en 1944. Souhaitant une 3ème voie entre le capitalisme et le communisme, le général de Gaulle a institué la Sécurité Sociale pour les travailleurs, ainsi que l’intéressement et la participation, et n’a pas non plus hésité à augmenter les salaires, quand les évènements le commandaient. Enfin, ce dernier ne s’est jamais soumis aux grands intérêts financiers, car « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».

Par ces quelques mots, j’ai voulu rendre hommage au « plus illustre des Français », dont nous commémorions le 49ème anniversaire de la mort en ce 9 novembre.

Le 9 novembre est aussi entré une nouvelle fois dans l’Histoire en l’année 1989, quand le mur de Berlin est tombé, signant l’échec du communisme et libérant l’Europe de l’est d’une idéologie totalitaire. Certes, l’Histoire ne s’est pas finie comme le prophétisait Fukuyama, car l’Humanité fait face à de nouvelles menaces. Mais le progrès est indéniable, pour ces peuples qui ont depuis retrouvé leur liberté, leur souveraineté et leur dignité.

Ce long week-end de commémorations doit nous rappeler combien les Hommes sont les acteurs de leurs propre Histoire. Alors, célébrons tous ceux qui se sont dressés en des temps troublés pour défendre leur Nation, la Démocratie, la liberté et les droits fondamentaux. Restons, pour eux et pour nos enfants qui viennent, un peuple debout.

Guillaume Peltier
Député de Loir-et-Cher
Vice-président délégué des Républicains

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