[Tribune] – Qu’avons-nous fait, nous Français, pour mériter tel spectacle ?

A l’heure où je vous écris ces lignes, comment ne pas être ébaubis par l’apparente victoire des violents, des médiocres, des bureaucrates ou des vulgaires ? Qu’avons-nous fait, nous Français, pour mériter tel spectacle ?

➡️ Le spectacle de la vulgarité lors de la pitoyable cérémonie des Césars où s’entremêlèrent l’entre-soi, la pensée unique et creuse, les clichés de perles enfilées et l’éternelle bien-pensance sans relief, sans goût, sans honneur, sans élégance. Nous aimons le cinéma français, nous aimons le talent, le panache, l’impertinence, nous aimons les artistes, les penseurs libres : que les minuscules s’effacent à nouveau devant les géants, qu’ils nous rendent le vrai cinéma français qui fit rayonner notre art et notre langue aux quatre coins du monde, bien loin, si loin du naufrage de cette petite minorité qui décidemment ne comprend rien aux profondeurs de nos âmes et de notre patrie ;

➡️ Le spectacle de la violence qui s’étend partout, jusque dans le cœur éteint de notre jeunesse qui confond la vie avec le monde virtuel et faux, que les écoles comme les parents ne parviennent plus à combattre après des décennies d’abandon de l’excellence, de l’émancipation, de l’esprit critique, de la littérature, de la poésie, du théâtre. Eteignons, plus souvent, les écrans et lisons des livres, voici l’antidote sérieux et durable d’un redressement de notre Nation ;

➡️ Le spectacle d’un Etat à bout de souffle qui tyrannise les honnêtes gens et excuse les délinquants, d’un Etat qui vous met à l’amende à la moindre attestation oubliée mais qui n’ose plus affirmer les mots de sanction et de punition. Le spectacle d’un Etat qui punit ceux qu’il devrait encourager et qui encourage ceux qu’il devrait punir, c’est un Etat qui n’est plus, c’est un Etat qui s’effondre ;

➡️ Le spectacle de la tyrannie des minorités, comme l’islamo-gauchisme, la repentance, l’auto-flagellation, le séparatisme, le communautarisme, le mépris de notre hymne, de notre drapeau, de notre histoire, de notre langue, de l’altérité, de nos modes de vie, de notre culture, ce spectacle qui afflige notre peuple chaque jour davantage et qui révolte l’immense cortège de la majorité silencieuse qui n’en peut plus ;

➡️ Le spectacle d’une société qui a oublié les valeurs comme les devoirs, celle où règnent les fraudes sociales, les abus, les droits sans devoir, l’individualisme, la médiocrité qui fait croire qu’une société de loisirs pourrait remplacer une société de travail, d’effort et de mérite : revenez, Jeanne, Henri, Hugo, Clémenceau, Jean Jaurès et Charles de Gaulle, nos gouvernants sont devenus fous et lâches ;

Et que dire de la gestion de cette crise sanitaire ? Bien sûr que nos gouvernants eurent du mérite à affronter cette crise soudaine et terrible mais tout de même… Un an tout juste après le début du premier confinement, qui aura l’audace de tirer les leçons de cette lente litanie d’échecs ? Un an à subir, comme le dit très bien Alexis Brézet dans son éditorial du week-end, « la pantalonnade des masques, la catastrophe des tests, le scandale des lits de réanimation, le désastre de la vaccination, l’arbitraire administratif, l’arrogance médicale et l’incompétence politique » ; oui, vivement que revienne la vie « sans la morgue d’Olivier Véran, la désinvolture de Jean-François Delfraissy, la délectation morose de Jérôme Salomon » ; Et que la France retrouve le chemin de la souveraineté, de l’autorité, de l’efficacité et de la liberté.

Qu’avons-nous donc fait, nous Français, pour mériter un tel spectacle ?

A force de subir et d’accepter des gouvernants hors-sol, déconnectés, à force de tolérer d’être dirigés par des hauts-fonctionnaires et des bureaucrates qui ne connaissent la France qu’à travers des tableaux Excel et ne comprennent les Français qu’à travers des courbes statistiques, à force de se désintéresser de la chose publique et de l’action politique, à force de laisser les minorités gouverner la majorité, voici venu le spectacle usant du déclin français.

Pourtant, telle est l’histoire de France, c’est lorsque tout semble perdu que tout renaît. La France meurt car elle a cessé de rêver, car nous avons cessé de rêver. « Un homme n’est jamais vieux tant que ses regrets ne remplacent pas ses rêves… ».

A vous qui parfois désespérez, je veux redire qu’il existe, toujours, sans cesse, un immarcescible miracle français.

Quand le 15 avril 2019, en début de soirée, nous avons découvert les flammes embrasant Notre-Dame de Paris, chaque cœur de France a pleuré. Le deuil, la colère, les esprits abattus, la flèche qui s’effondre et la cendre qui nous recouvre. L’inconsolable sidération d’un traumatisme national devenu mondial. Pourquoi ? Parce que, soudain, nous avions peur de perdre, en quelques heures, ce que nos prédécesseurs avaient bâti en près de mille ans. Et soudain ? Soudain, des pompiers qui, valeureux, s’avancent et parviennent à circonscrire le feu redoutable, les tours en beffroi qui restent debout, la tunique de Saint Louis et la couronne d’épines sauvées, un peuple en silence et en prière qui enveloppe Notre-Dame de Paris, devenue Notre-Dame de la nation, Notre-Dame de France. Voilà le miracle français : c’est quand tout semble perdu que tout renaît. Divisés, abattus, cédant aux oiseaux de mauvais augure, aux esprits étriqués du spiritualisme, du défaitisme, du complotisme comme du matérialisme, nous pouvons tout perdre. Mais, unis, nous sommes capables de renaître. De transmettre. D’assumer tout à la fois d’être des héritiers et des bâtisseurs.

À travers l’épreuve de Notre-Dame, c’est notre Histoire et notre vocation qui sont convoquées par les dieux.

Je crois en la politique, en l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. Je crois à la force de la volonté, je refuse la fatalité des gouvernants qui nous expliquent sans cesse que ce qui est nécessaire est impossible. Je crois à la légitimité du suffrage universel, à la souveraineté du peuple, à notre capacité à nous relever. Je sais que la politique passionne et fascine nos compatriotes parce qu’ils n’oublient pas que des grands hommes, dans notre histoire, ont su les conduire et les mener plus haut et plus loin que leurs petits horizons. Je crois en la ténacité : c’est bel et bien l’épreuve qui révèle le caractère. Comme Ulysse, chacun doit pouvoir trouver en son sein une force intérieure, à même de lui permettre de triompher des difficultés. Oui, la leçon de l’Odyssée, c’est que la ténacité l’emporte sur toutes les fatalités. Ce grand livre de la résilience, de la faculté à sortir vainqueur des torrents inattendus et des épreuves insurmontables, est la leçon de la vie. « Seule l’opiniâtreté triomphe des tempêtes. Seule la constance mène au but. » Face à tous les relativismes démobilisateurs, il nous faut de nouveau des grands hommes et des héros, capables d’incarner une audacieuse espérance.

Prôner des valeurs sans présenter des solutions concrètes, c’est la facilité verticale de l’idéalisme politique. Et présenter des solutions concrètes sans tracer une vision, c’est la tristesse horizontale de l’esprit bureaucratique et financier. La politique n’appartient ni aux philosophes ni aux comptables. Elle est noble, grande, utile, précieuse et efficace quand des hommes du peuple deviennent des hommes d’État, comme le montre notre illustre histoire.

Bien fidèlement.

GP

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